Le Jeep Compass s'électrifie, mais perd-il le nord ?
Direction Barcelone pour découvrir le tout nouveau Jeep Compass. Une troisième génération très attendue, qui marque un tournant important pour le SUV compact de la marque américaine. Plus moderne, plus technologique et surtout largement électrifié, ce nouveau Compass a une mission claire : rester fidèle à l’esprit Jeep tout en entrant pleinement dans une nouvelle ère. Une équation pas toujours simple… mais sur le papier, la promesse est intéressante.
Pour comprendre l’importance de cette nouvelle génération, il faut se rappeler que le Compass est l’un des modèles les plus importants de Jeep à l’échelle mondiale. Lancé en 2006, il s’est vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires et évolue aujourd’hui dans le segment ultra-concurrentiel des SUV compacts, qui représente près d’un quart du marché automobile européen.
Cette nouvelle version repose désormais sur la plateforme STLA Medium de Stellantis et adopte une stratégie multi-énergie : hybride, hybride rechargeable et 100% électrique. C’est d’ailleurs cette dernière que nous avons pu essayer sur les hauteurs de Barcelone.
On ne va pas se mentir, sur les premières photos, la nouvelle Compass ne nous avait pas totalement convaincus. En particulier l’arrière, avec une signature lumineuse et un bouclier assez massif, légèrement disgracieux. Mais une fois devant la voiture, l’impression change ! L’avant est particulièrement réussi. Les proportions sont bonnes, les feux fins lui donnent un chouette look et l’ensemble conserve les codes Jeep avec la célèbre calandre à sept lamelles et les passages de roues trapézoïdaux.
Notre version d’essai arborait un vert très vif, une teinte appelée Hawaii par Jeep. C’est dire le niveau d’exotisme de cette couleur… bien plus sympa qu’un gris fade que l’on pourrait presque appeler Bruxelles. Et honnêtement, cette teinte lui va plutôt bien. Ce nouveau Compass garde aussi un côté assez robuste, avec des protections de carrosserie et des boucliers renforcés pensés pour résister aux petits chocs du quotidien… ou aux escapades hors des sentiers battus. Bref, un SUV moderne qui ne renie pas totalement son côté baroudeur.
À l’intérieur, la transformation est encore plus évidente. L’habitacle est moderne, bien dessiné et surtout beaucoup plus technologique qu’avant. On retrouve un écran central de 16 pouces accompagné d’un compteur numérique de 10,25 pouces, avec Apple CarPlay, Android Auto et tout ce qu’il faut aujourd’hui.
Mais surtout, Jeep a réussi à conserver quelque chose d’important : l’ergonomie ! Bonne surprise, plusieurs boutons physiques restent présents pour accéder rapidement à certaines fonctions. Dans un monde où tout passe par des écrans, c’est un vrai plus. La qualité perçue est correcte pour le segment, l’ambiance intérieure reste fidèle à l’univers Jeep et l’habitacle est plutôt lumineux grâce au grand toit panoramique disponible en option.
Côté espace, le nouveau Compass progresse également avec plus de place aux jambes à l’arrière et un coffre qui atteint désormais 550 litres, soit 45 litres de plus que la génération précédente. Bref, sur la vie à bord, le nouveau Compass fait clairement un pas en avant.
Pour cet essai, nous avons pris le volant de la version 100% électrique de 213ch et 345Nm, annoncée avec une autonomie d’environ 500km. Sur la route, les performances sont largement suffisantes pour ce type de véhicule. Ce n’est pas un SUV sportif, et ce n’est clairement pas sa vocation, mais les accélérations restent assez bonnes pour les dépassements ou les relances. Le Compass se montre surtout très agréable à conduire au quotidien. La suspension est confortable, l’insonorisation excellente et les aides à la conduite sont bien calibrées.
Jeep annonce jusqu’à 500km d’autonomie, mais sur notre parcours mêlant route et tout chemin, on tournait plutôt autour des 400km. Rien d’inquiétant étant donné que notre itinéraire incluait plusieurs portions exigeantes.
Seul petit bémol, le one-pedal drive manque encore un peu de mise au point. La sensation de freinage est assez particulière, parfois trop forte et surtout non réglable, ce qui demande un petit temps d’adaptation. La direction, elle, est très légère. Certains apprécieront, d’autres préféreront un peu plus de consistance.
Le moment le plus marquant de cet essai ne s’est pourtant pas passé sur l’asphalte. Jeep nous avait prévu une partie du parcours sur les hauteurs de Barcelone, mêlant routes et pistes de gravier. Et c’est là que le Compass surprend. Malgré le fait que cette version électrique de 213ch soit une traction, elle se montre étonnamment capable sur les pistes. Grâce à sa garde au sol de 200 mm et au système Selec-Terrain, la voiture garde une bonne motricité et se débrouille sans difficulté sur les chemins.
À un moment, la piste grimpe sur les hauteurs avec une vue incroyable sur Barcelone et la Méditerranée. Le genre d’endroit où l’on se dit que oui, même électrifiée, une Jeep doit rester capable d’aller un peu plus loin que le simple parking du supermarché. Seul petit regret, l’ESP n’est pas totalement déconnectable, ce qui peut parfois limiter la liberté de conduite dans ce genre d’environnement.
Jeep a aussi fait un choix intéressant avec cette nouvelle Compass, offrir une gamme de motorisations très large. On retrouve un hybride de 145ch, un hybride rechargeable de 195ch et plusieurs versions 100% électriques, dont celle de 213ch que nous avons essayée et une future version à quatre roues motrices pouvant atteindre 375ch. Reste la question du budget. En Belgique, le Compass démarre à environ 34.800€, tandis que les versions haut de gamme flirtent avec les 54.000€.
Avec cette nouvelle génération, le Jeep Compass change clairement d'ère. Plus moderne, plus technologique et largement électrifié, il se rapproche des standards européens sans pour autant renier l'ADN de la marque. Non, il n'est plus le baroudeur pur et dur d'antan. Mais sur les hauteurs de Barcelone, il nous a prouvé qu'une Jeep électrique pouvait encore sortir des sentiers battus, et c'est finalement ce qui compte. Dans un segment où les SUV compacts se fondent souvent dans la masse, le Compass garde du caractère. Et ça, ça fait toute la différence !