3 000 kilomètres en Polestar 4, qu’est-ce que ça donne ?
Pour savoir ce que vaut vraiment une voiture électrique sur long trajet, rien de mieux que de partir loin. Très loin. Avec cette Polestar 4 Long Range Dual Motor Performance, nous avons parcouru près de 3 000 kilomètres entre Bruxelles, Paris et Saint-Tropez. Autoroute, recharge rapide, petites routes et longues journées derrière le volant : de quoi se faire une vraie idée de ses qualités… et de ses défauts.
Notre Polestar 4 était une Long Range Dual Motor équipée du Pack Performance. Autrement dit, 544 ch, quatre roues motrices et un 0 à 100 km/h en 3,8 secondes. Avec sa teinte grise, ses jantes de 22 pouces et le plus haut niveau de finition, notre exemplaire affichait 78 400 €. Sur le papier, ça commence donc plutôt fort. Mais après 3 000 kilomètres à son volant, ce ne sont finalement pas les performances qui nous ont le plus marqués. Parce que pour traverser la France en voiture électrique, on cherche surtout une voiture confortable, agréable à vivre et qui ne nous oblige pas à nous arrêter tous les 150 kilomètres pour recharger.
Et justement, niveau confort, la Polestar 4 s’en sort vraiment bien. Les suspensions filtrent bien la route, l’insonorisation est très bonne et, même à 130 km/h, on n’a pas particulièrement été dérangés par les bruits d’air ou de roulement. Les sièges sont aussi très confortables, même si après quatre heures de route, on commençait quand même à sentir un peu le dossier. Heureusement, les sièges massants étaient là pour soulager un peu tout ça. Ajoutez à ça le système audio Harman Kardon, qui fait du très bon boulot, et on avale les kilomètres assez facilement.
Côté consommation, on s’attendait forcément à ce que les 544 ch, les deux moteurs et les jantes de 22 pouces se fassent sentir. Sur l’ensemble de nos 3 000 kilomètres, avec une grosse majorité d’autoroute, on a tourné autour des 23 à 24 kWh/100 km. Ce n’est pas exceptionnel en matière d’efficience, mais ça reste finalement assez cohérent pour une voiture de ce gabarit et de cette puissance. À titre de comparaison, Polestar annonce entre 19,0 et 21,7 kWh/100 km en WLTP selon la configuration. Dans notre cas, une charge complète nous donnait généralement autour de 420 à 450 kilomètres d’autonomie affichée, ce qui permet déjà d’envisager de longues étapes sans avoir constamment un œil sur la prochaine borne.
Et forcément, qui dit long trajet en électrique dit recharge. De ce côté-là, rien de particulièrement surprenant : aujourd’hui, traverser la France en voiture électrique est devenu quelque chose de tout à fait normal. Entre Bruxelles et Paris, on n’a même pas eu besoin de s’arrêter. Ensuite, on a fait trois arrêts recharge pour descendre jusqu’à Saint-Tropez, puis cinq au retour jusqu’à Bruxelles. On a utilisé un peu de tout : Tesla Supercharger, Fastned, TotalEnergies, etc. En général, on s’arrêtait entre 20 et 25 minutes, le temps de passer grosso modo de 20 à 80 %. Et sur un trajet pareil, ces pauses ne nous ont pas vraiment dérangés. Après deux ou trois heures de route, ça fait même plutôt du bien de sortir un peu de la voiture avant de repartir.
Le seul point qu’on garderait quand même en tête, c’est que nous sommes partis début septembre. Les routes étaient assez calmes et, surtout, on n’a pratiquement jamais dû attendre pour recharger. En plein mois de juillet ou d’août, l’expérience peut forcément être différente, simplement parce qu’il y a beaucoup plus de monde sur la route et pas toujours assez de bornes sur certaines aires. Donc oui, partir loin en électrique est aujourd’hui tout à fait faisable, mais il faut encore garder en tête que tout dépend aussi beaucoup de la période à laquelle on voyage.
Et puis il y a les performances. Avec 544 ch et un 0 à 100 km/h en 3,8 secondes, la Polestar 4 avance évidemment très fort. C’est sympa pour une sortie de péage un peu énervée, mais dans la vraie vie, on n’a finalement pas souvent besoin de toute cette puissance. Ce qui nous a davantage marqués, c’est le comportement de la voiture. Malgré son poids, elle reste vraiment bien posée sur la route, la direction est précise en mode sport et les freins Brembo répondent parfaitement quand on hausse un peu le rythme. Le freinage régénératif est aussi réglable, ce qui permet de choisir quelque chose d’assez léger au quotidien. Bref, le Pack Performance est sympa, mais clairement pas indispensable pour profiter de la voiture.
Il y a quand même quelques détails qui nous ont moins convaincus. Le régulateur adaptatif, par exemple, est beaucoup trop agressif à notre goût : dès qu’une voiture apparaît devant, même encore assez loin, la Polestar peut freiner plus fort que nécessaire avant de réaccélérer. Rien de dramatique, mais sur autoroute, ça finit par être un peu agaçant. On regrette aussi le manque de boutons physiques, surtout pour la climatisation. L’écran fonctionne pourtant très bien, Apple CarPlay aussi, et le fait d’avoir Waze repris devant le conducteur est franchement pratique. Mais pour certaines fonctions basiques, un vrai bouton aurait quand même été plus simple.
Autre petit point à garder en tête : le gabarit. La Polestar 4 est large, vraiment large, et ça se ressent vite dès qu’on quitte l’autoroute. Dans les petites rues de Saint-Tropez, par exemple, il fallait parfois faire un peu plus attention que d’habitude. Heureusement, les caméras 360° sont très bonnes et facilitent énormément les manœuvres. Et puis il y a cette fameuse absence de lunette arrière, qui fait beaucoup parler. Honnêtement, ça ne nous a jamais dérangés. Le rétroviseur caméra fonctionne très bien et, dans notre cas, le fait que personne ne puisse voir les valises dans le coffre était même plutôt un avantage.
Après 3 000 kilomètres à son volant, le bilan est donc franchement positif. La Polestar 4 est confortable, très bien finie, agréable à conduire et offre suffisamment d’autonomie pour envisager de longs trajets sans se prendre la tête. Elle n’est pas parfaite, notamment avec son régulateur un peu trop agressif, son gabarit imposant ou encore son ergonomie très dépendante de l’écran, mais rien qui vienne vraiment gâcher l’expérience. Et finalement, c’est peut-être ça qu’on retient le plus : si vous cherchez une électrique premium qui change un peu des BMW, Mercedes ou Tesla qu’on croise partout, la Polestar 4 mérite clairement qu’on s’y intéresse.