Peugeot E-208 GTi : elle valait le coup d’attendre !
Cela faisait longtemps, très longtemps même, qu’on attendait une version un peu plus épicée de la 208. Alors forcément, quand Peugeot a annoncé le retour du badge GTi sur une 208… électrique, on était à la fois très impatients et un peu méfiants. Parce que coller ces trois lettres mythiques sur une voiture de 281 ch alimentée par une batterie, c’est facile. Mais réussir à en faire une voiture qui donne la banane, ça l’est beaucoup moins. Direction l’Écosse et ses petites routes sinueuses pour voir si cette nouvelle E-208 GTi mérite vraiment les trois lettres qu’elle porte.
Mais pourquoi avoir attendu si longtemps ? Parce qu’à la base, cette 208 sportive aurait dû arriver bien plus tôt. Une E-208 PSE était déjà dans les cartons début 2020, avant que le projet ne soit abandonné en 2021, sous l’ère Linda Jackson, dans un contexte d’importantes coupes budgétaires chez Stellantis et avec une priorité donnée à l’électrification des modèles vendus en plus gros volumes. Il aura finalement fallu attendre l’arrivée d’Alain Favey à la tête de Peugeot en février 2025 pour que le projet ressorte du placard. Lui-même l’explique très simplement : arrivé en février, il relance le projet dès le mois de mars, pour un développement bouclé en 18 mois. Entre-temps, les cousines Alfa Romeo Junior Veloce et Lancia Ypsilon HF avaient déjà dégainé leurs versions sportives de 280 ch. Peugeot arrive donc après tout le monde… mais avec 281 ch, histoire d’avoir quand même le dernier mot.
Une 208 qui a enfin la gueule qui va avec ! Et visuellement, ça fonctionne vraiment bien. La 208 était déjà une jolie voiture à la base, mais cette version GTi lui donne clairement ce qui lui manquait. La caisse est abaissée de 25 mm, les voies sont élargies de 56 mm à l’avant et 28 mm à l’arrière, et le tout repose sur des jantes de 18 pouces qui remplissent parfaitement les passages de roue. Ajoutez à ça les élargisseurs d’ailes, le spoiler avant, le diffuseur arrière et les petites touches de rouge un peu partout, et on obtient une 208 beaucoup plus agressive, sans en faire des caisses. En blanc, comme sur notre modèle d’essai, elle est franchement canon !
À l’intérieur aussi, Peugeot a fait les choses correctement. Moquettes rouges, tapis rouges, ceintures rouges, surpiqûres assorties, inserts spécifiques : l’ambiance change clairement par rapport à une E-208 classique. Les sièges baquets, avec leur mélange de cuir et d’Alcantara, sont particulièrement réussis. Ils maintiennent bien au niveau des lombaires et des épaules, serrent un peu plus au niveau des cuisses, mais restent confortables. Le petit volant en cuir et Alcantara tombe bien en main et, pour mes 1,87m, le i-Cockpit reste parfaitement lisible. La base de la 208 commence malgré tout à accuser un peu son âge : les écrans manquent de réactivité et l’insonorisation aurait pu être meilleure.
Et c’est surtout une fois qu’on commence à hausser le rythme qu’elle prend tout son sens. Avec 281 ch, 345 Nm et un 0 à 100 km/h annoncé en 5,5 secondes, ça marche déjà fort. Mais ce qui impressionne surtout, c’est la manière dont la voiture arrive à exploiter toute cette puissance. Grâce au différentiel autobloquant mécanique, le train avant reste littéralement scotché à la route, même quand on remet les gaz très tôt en sortie de virage.
Sur les petites routes écossaises encore un peu grasses, on pouvait vraiment prendre un rythme très soutenu sans avoir l’impression de se battre avec la voiture. La direction est précise, mais surtout suffisamment communicative pour comprendre ce qui se passe sous les roues. Le poids de la batterie se fait étonnamment discret et, même en rentrant fort dans les virages, on n’a jamais ressenti de sous-virage. En plaçant la voiture sur les freins, l’arrière accepte même de pivoter légèrement, juste ce qu’il faut pour l’aider à tourner sans jamais devenir piégeux.
Le freinage est au même niveau. La pédale est ferme, facile à doser et, en mode Sport, Peugeot désactive complètement la régénération au freinage pour ne laisser travailler que les freins mécaniques. Résultat : le feeling est bien plus naturel quand on commence à hausser le rythme. Et avec ses suspensions spécifiques, franchement fermes, cette E-208 GTi ne demande qu’une chose : qu’on continue d’attaquer.
Une électrique qui reste… une électrique. Évidemment, tout n’est pas parfait. La première chose qui nous a manqué, c’est le bruit. Peugeot a bien ajouté une ambiance sonore artificielle en mode Sport, on s’en serait volontiers passé. Et forcément, quand on passe 150 km à rouler fort sur des petites routes écossaises, l’autonomie prend cher : partis avec 95 % de batterie, on est revenus avec 13 %, pour une consommation affichée de 29,6 kWh/100 km. Pas vraiment étonnant vu le rythme, et surtout pas représentatif d’un usage quotidien.
Avec les Michelin Pilot Sport 4S de notre voiture, Peugeot annonce officiellement 352 km WLTP. Là où ça commence à coincer en 2026, c’est sur la recharge. La puissance plafonne à 100 kW en courant continu, avec un 20 à 80 % annoncé en moins de 30 minutes. Ce n’est pas catastrophique, mais on sent clairement que la base technique de la 208 commence à dater.
Alors, est-ce que ça valait le coup d’attendre ? À 41 500 € dans la configuration de notre modèle d’essai, ça commence quand même à faire beaucoup pour une 208. Heureusement, les remises actuellement proposées rendent la pilule un peu plus facile à avaler. Mais une chose est sûre : Peugeot n’a pas simplement ressorti trois lettres mythiques pour faire joli. Cette E-208 GTi a un vrai châssis, une motricité impressionnante et surtout ce petit truc qui donne envie de repartir chercher une route pleine de virages juste pour le plaisir. Oui, le bruit d’un moteur thermique nous manque toujours, et tout n’est pas parfait, mais Peugeot vient surtout de prouver une chose : une GTi électrique peut vraiment donner la banane. Finalement, elle valait bien le coup d’attendre !