La Maserati GranTurismo Folgore, l’électrique qui ose encore faire rêver !
Maserati, c’est plus de 110 ans d’histoire, un Trident qui fête cette année ses 100 ans et surtout une certaine idée de l’automobile italienne. Une automobile faite de passion, de luxe, de caractère… et de moteurs qui chantent. Alors forcément, quand une icône comme la GranTurismo, un modèle qui incarne depuis 75 ans l’esprit du grand tourisme à l’italienne, passe au tout électrique, ça fait grincer quelques dents. Parce que oui, une GranTurismo sans moteur thermique, sur le papier, ça peut presque sembler contre nature. Une Maserati électrique peut-elle encore mériter son Trident ? Est-ce une hérésie ou, au contraire, une évolution finalement bien plus cohérente qu’elle n’en a l’air ?
Heureusement, personne chez Maserati n'a eu la mauvaise idée de transformer la GranTurismo en ovni futuriste sorti d'un film de science-fiction. Et franchement, tant mieux. Cette Folgore reste avant tout une GranTurismo, long capot, habitacle reculé, ailes marquées, silhouette basse et élancée, tout y est. Elle garde cette gueule de GT italienne, pensée autant pour faire tourner les têtes que pour avaler les kilomètres dans un confort princier.
Quelques détails changent, c'est vrai, une calandre légèrement plus fermée, des touches cuivrées propres aux modèles électriques de la marque, un aérodynamisme retravaillé. Mais dans les faits, elle reste immédiatement identifiable comme une Maserati. Une très belle Maserati même ! Élégante, racée, sans jamais tomber dans le tape-à-l’œil. Presque discrète finalement, au point de passer davantage sous les radars qu’on pourrait l’imaginer pour une voiture à plus de 200.000 €.
L'habitacle, lui, ne laisse aucun doute, on est bien dans une Maserati. Les cuirs sont sublimes, les matériaux magnifiques, l'assemblage impeccable. Il y a ce sentiment immédiat d'être dans quelque chose de spécial. On s'installe très bas, les jambes presque allongées, avec ce long capot qui s'étire au loin. Face à soi, un volant à jante fine particulièrement agréable en main, un combiné digital réussi et un écran central bien intégré. Même le troisième écran tactile dédié à la climatisation, pas forcément notre tasse de thé sur le papier, fonctionne ici étonnamment bien grâce au retour haptique. Et bonne surprise, cette GranTurismo reste une vraie 4 places (2+2).
Oui, on est bien sur une configuration 2+2, les places arrière sont loin d’être anecdotiques. Pour preuve, Diego avec son mètre 87 parvient parfaitement à s’y installer sans finir avec les genoux dans le menton ou plié en quatre. Maintenant, soyons honnêtes, on n’imagine pas forcément quatre gaillards de deux mètres traverser l'Europe ensemble. Le coffre aurait pu être un peu plus généreux pour une voiture pensée pour les longs trajets, mais dans l'ensemble, cette Folgore comprend parfaitement ce qu'on attend d'une GT, du confort, du luxe et de la place.
Sous cette silhouette de GT italienne presque intemporelle se cache pourtant quelque chose de bien moins traditionnel, trois moteurs électriques développant 761 chevaux et 1 350 Nm de couple. Le 0 à 100 km/h est expédié en 2,7 secondes, le 0 à 200 en 8,8 secondes, et la vitesse de pointe atteint 325 km/h, soit exactement celle d'un TGV. Sur le papier, les chiffres sont complètement aberrants. Mais derrière le volant, c'est moins la puissance brute qui impressionne que la façon dont elle est délivrée. L’accélération est monstrueuse, certes, mais jamais brutale. Tout arrive avec une fluidité presque déconcertante, comme si ces 761 chevaux étaient servis avec une élégance toute italienne.
Alors oui, avec ses 2,26 tonnes, impossible d’oublier le poids de l’engin. Quand le rythme augmente, on sent clairement qu’on déplace quelque chose de conséquent. Mais Maserati a eu une idée franchement intelligente en optant pour une architecture de batterie en forme de T, nichée dans le tunnel de transmission. Résultat : le centre de gravité reste très bas et, surtout, la voiture donne un feeling étonnamment proche d’une thermique. Elle se montre même agile pour une GT de ce gabarit, sans pour autant prétendre être une supercar chirurgicale. Ce n'est d'ailleurs pas ce qu'on lui demande.
La direction est précise mais légère, très filtrée, exactement ce qu'on attend d'une GT pensée pour rouler longtemps sans fatiguer son conducteur. Les suspensions pneumatiques sont ultra moelleuses, même sur nos routes belges loin d’être parfaites, le freinage est d'une naturalité rare pour une électrique, la transition entre régénération et frein mécanique est particulièrement bien gérée. Et malgré le silence, malgré les deux tonnes, malgré tout ce qui aurait pu faire d'elle une simple berline rapide et aseptisée, la GranTurismo Folgore réussit l'essentiel. Elle reste une Maserati. Juste une Maserati d'un genre nouveau.
Une vraie GT doit aussi savoir voyager. Et là, Maserati a bien compris le cahier des charges. Dans la vraie vie, comptez environ 400 kilomètres d'autonomie, très correct pour une voiture de 761 chevaux capable d’un 0 à 100 km/h en 2,7 secondes. L'architecture 800 volts change vraiment la donne sur les longs trajets, en une vingtaine de minutes à peine, la batterie repasse de 10 à 80%, juste le temps d’un café et de se dégourdir un peu les jambes. Cette Folgore se voit davantage comme une machine à grands week-ends et longues distances qu’une voiture purement plaisir du dimanche.
Non, cette GranTurismo Folgore n’a pas tout à fait ce petit supplément d’âme qu’un gros moteur thermique italien peut encore offrir. Ce frisson mécanique, cette émotion un peu irrationnelle qu’on retrouve dans une Maserati essence, manque forcément un peu à l’appel. Mais réduire cette Folgore à ça serait franchement injuste. Parce qu’en tant que GranTurismo, elle comprend parfaitement sa mission, voyager vite, loin, dans un confort exceptionnel et avec une élégance assez rare aujourd’hui. Alors oui, cette Maserati électrique mérite bel et bien son Trident. Juste… d'une manière différente.