Le RAM 1500, bien plus qu’une question de taille !

Le RAM 1500 traîne une réputation depuis des années. Celle d’un pick-up acheté principalement par des hommes qui auraient quelque chose à prouver. Ou à compenser. Bref, vous voyez très bien l’idée. Un cliché facile, souvent répété, rarement vérifié, et heureusement. Derrière son gabarit XXL, le RAM 1500 cache un vrai utilitaire. Un véhicule pensé pour travailler dur, tracter lourd et avaler des kilomètres sans broncher. Un engin conçu pour l’usage avant l’image. Au fond, ce n’est peut-être pas une histoire de taille… mais plutôt une histoire d’usage.

Visuellement, le RAM 1500 ne cherche clairement pas à se faire discret. Son gabarit est impressionnant, ses proportions gigantesques : presque 6 mètres de long, plus de 2 mètres de large et près de 2 mètres de haut. À ce niveau-là, on se rapproche plus du poids lourd que de la voiture. Dans cette version Laramie Night Edition, tous les éléments extérieurs passent en noir : jantes, badges, calandre. Résultat, le look devient plus agressif, presque plus sportif. La face avant est large, le capot est long, et la benne occupe une place centrale dans le dessin.

À l’intérieur, le RAM 1500 impressionne tout autant. Dès qu’on monte à bord, une chose saute aux yeux : l’espace. Il y en a partout. À l’avant comme à l’arrière, on ne se sent jamais à l’étroit, et les passagers arrière disposent d’un volume franchement plus que généreux. La banquette peut même se relever pour libérer encore plus de place, pratique pour transporter du matériel sans abîmer les sièges.

Les sièges sont ultra confortables, chauffants et ventilés à l’avant, chauffants à l’arrière. Le grand toit panoramique inonde l’habitacle de lumière, les rangements sont omniprésents, et la console centrale est tellement grande qu’on pourrait presque y perdre ses clés. On sent que l’habitacle a été pensé pour être utilisé intensivement, pas juste pour faire joli.

Côté techno, le RAM 1500 montre qu’il ne se contente pas d’être grand. Le compteur digital est clair et lisible, l’affichage tête haute est vraiment agréable au quotidien, et le grand écran central fait le job. Apple CarPlay et Android Auto sans fil sont de la partie, et surtout, détail qu’on apprécie, il reste des boutons physiques. Oui, des vrais boutons. Ceux qu’on peut utiliser sans quitter la route des yeux. Merci RAM.

Le conducteur n’est pas le seul à profiter de tout ça. Un écran dédié au passager permet d’afficher le GPS, les caméras ou certaines informations sans interférer avec la conduite. Les aides à la conduite sont bonnes : régulateur adaptatif, angle mort, caméras 360°, indispensables vu la taille du bestiau. Seul détail étonnant chez nous : pas d’essuie-glaces automatiques. Bon. On fera avec.

Sous le capot, le RAM 1500 embarque le six cylindres en ligne Hurricane 3.0 biturbo de 420 chevaux. Sur le papier, certains regretteront l’absence du V8, surtout pour la sonorité, et on ne va pas faire semblant, nous aussi. Mais une fois sur la route, ce moteur se montre excellent. Les accélérations sont franchement surprenantes pour un pick-up, les reprises sont solides, et la poussée est continue. La boîte auto est douce, bien étagée, agréable au quotidien. Et bonne nouvelle pour les puristes : le V8 5.7 HEMI sera bientôt de retour. De quoi rassurer ceux pour qui un RAM sans V8, ça sonnait un peu faux.

Sur la route, le RAM se transforme en véritable canapé roulant. Les suspensions pneumatiques filtrent très bien les imperfections, même si l’on ressent logiquement du mouvement de caisse. À haute vitesse, c’est stable, rassurant, silencieux. Et cette position de conduite très haute… on ne va pas se mentir, ça donne un petit sentiment de supériorité. Pas très politiquement correct, mais franchement jouissif.

En ville, notamment à Bruxelles, le RAM surprend encore. Oui, il est énorme. Oui, il faut rester attentif. Mais non, il n’est pas inutilisable. Il passe presque partout, à condition de s’aider des caméras 360° et de respirer calmement. Ce n’est évidemment pas son terrain de jeu préféré, et il serait malhonnête de dire qu’il est à l’aise en milieu urbain, mais il s’en sort clairement mieux que ce qu’on imaginait.

Niveau consommation, pas de miracle : environ 14L/100 km durant notre essai. Pour un pick-up de près de 3 tonnes, avec 420 chevaux, c’est logique. Personne n’achète un RAM pour faire de l’éco-conduite.

Là où le RAM 1500 reprend tout son sens, c’est dans son utilité pure. La benne mesure 1,71 mètre de long pour 1,68 mètre de large, peut encaisser un peu plus d’une tonne de charge, et le RAM est capable de tracter jusqu’à 3,5 tonnes en Europe. Ici, rien n’est pensé pour faire joli sur Instagram. Même si, soyons honnêtes… il y sera quand même.

En Belgique, le RAM 1500 Laramie Night Edition démarre à 65.900€ HTVA. Et honnêtement, c’est là que ça devient très intéressant. Pour ce prix, on a un pick-up de presque six mètres, ultra équipé, capable de charger plus d’une tonne, de tracter 3,5 tonnes, et d’offrir un niveau de confort que beaucoup de véhicules dits “premium” peuvent clairement lui envier. Le rapport prestation/prix est difficile à battre. Pour un indépendant ou un professionnel qui a réellement besoin d’un utilitaire de ce format, les alternatives sont rares, voire inexistantes, à ce niveau-là.

Au final, le RAM 1500 n’est pas rationnel au sens européen du terme. Il ne cherche d’ailleurs jamais à l’être. Il est grand, il consomme, il prend de la place. Mais une fois replacé dans son rôle, celui d’un véritable utilitaire, capable de charger lourd, de tracter gros, d’avaler des kilomètres (ou des miles) et d’offrir un vrai niveau de confort, le RAM devient étonnamment cohérent.

Alors non, ce n’est pas une voiture pour tout le monde. Mais pour ceux qui ont réellement l’utilité d’un engin comme celui-là, difficile de ne pas le reconnaître : le RAM 1500 coche presque toutes les cases.

Comme quoi, ce n’est pas toujours une question de taille. C’est surtout une question d’usage.

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