La Volkswagen Golf R, quand le trop devient l’ennemi du bien !
La Golf R a toujours eu cette réputation un peu injuste d’être la sportive sérieuse de la famille, celle qui fait tout bien, mais sans jamais vraiment dépasser le cadre. Avec cette nouvelle génération, Volkswagen a poussé le curseur encore plus loin : plus puissante, plus précise, plus performante. Résultat ? Une voiture impressionnante, rapide, redoutablement efficace. Mais à force de vouloir tout faire parfaitement, d’aller toujours plus vite, toujours plus fort, la Golf R n’aurait-elle pas laissé de côté ce qui rend une voiture vraiment fun ? Parce qu’ici, le « trop » n’est peut-être pas synonyme de mieux.
La Volkswagen Golf R fait clairement son petit effet, surtout dans cette magnifique teinte Bleu Lapiz. La recette repose sur un mélange parfait entre sportivité et élégance. Les détails noirs et les jantes de 19 pouces, plus légères et pensées pour améliorer le refroidissement des freins, lui donnent ce petit côté plus agressif, plus tendu, qui lui va plutôt bien. Elle ne cherche pas à être discrète, loin de là. C’est une compacte sportive pleinement assumée, avec une identité claire et un look qui annonce la couleur.
À bord, rien de vraiment dépaysant. On est en terrain connu, dans quelque chose de très Volkswagen, déjà vu sur la Golf GTI et la GTI Clubsport. Et ce n’est pas un défaut. L’ambiance est propre, bien pensée, efficace. Tout est à sa place, tout tombe naturellement sous la main. Les sièges semi-baquets en cuir sont excellents, confortables au quotidien, mais suffisamment enveloppants pour tenir quand le rythme s’accélère. Et avec les sièges chauffants et ventilés, on est franchement bien installé, peu importe le temps ou le type de trajet.
L’écran central est fluide, rapide, agréable à utiliser au quotidien. Même constat pour l’affichage tête haute, qui devient vite indispensable, surtout sur longs trajets. Tout n’est pas parfait pour autant. On trouve du plastique à bord. Rien de choquant, mais à ce prix, ça se remarque. Les commandes tactiles sur le volant demandent aussi un petit temps d’adaptation. On s’y fait, mais on aurait clairement préféré de vrais boutons (vous commencez à nous connaître…), comme sur les autres versions de la Golf. Et voir un siège passager à réglage manuel dans une voiture de ce tarif-là laisse un petit goût amer. Des détails, certes, mais des détails qui rappellent qu’on reste dans une Volkswagen, même si elle se veut sportive.
Sur la route, la Golf R montre très vite ce qu’elle sait faire. Le 2.0 TSI de 333 chevaux pousse fort, très fort. Les accélérations sont impressionnantes, les reprises aussi, et le 0 à 100 km/h est abattu en 4,6 secondes. Ça catapulte, ça enchaîne, et ça le fait avec une facilité presque déconcertante. La boîte DSG est à l’image de la voiture, efficace, rapide, toujours dans le bon rapport, au bon moment. C’est propre, net, maîtrisé.
Le châssis est sans doute l’un des éléments les plus marquants de cette Golf R. L’efficacité est bluffante. La voiture s’inscrit fort en virage, tient la route avec une aisance impressionnante et met rapidement en confiance. La transmission intégrale se ressent clairement, la motricité est excellente, même quand on hausse franchement le rythme. L’arrière-train, sans être vraiment joueur, se montre plus mobile qu’attendu et apporte une vraie stabilité dans les enchaînements rapides. On sent que tout est pensé pour aller vite, très vite, sans jamais mettre le conducteur en difficulté.
Mais cette efficacité a un revers. Le poids se fait sentir (1.545 kg), surtout quand on vient d’une GTI Clubsport. La Golf R va plus vite, sans discussion. Mais elle le fait de manière plus posée, plus sérieuse, presque trop lissée. Là où la GTI Clubsport donne envie de jouer, de provoquer la voiture, la Golf R invite à être propre. À rouler vite, mais sans improvisation. Le freinage est mordant, rassurant, sans surprise particulière. Encore une fois, tout est bien fait… mais rien ne déborde vraiment.
La sonorité, surtout avec la ligne Akrapovič, apporte un peu de caractère à l’ensemble. À froid, le son est sympa. En mode Comfort, la Golf R sait rester discrète, presque trop sage. Elle se fait oublier, comme si elle n’avait rien à prouver. En Sport ou en Race, l’ambiance change : le son devient plus présent, avec quelques crépitements bien dosés à la décélération. C’est plaisant, ça accompagne la conduite, mais ça reste contenu. Les normes antipollution sont passées par là, et ça s’entend.
Le moteur, lui, n’est clairement pas émotionnel. Il est performant, efficace, redoutable, mais il ne raconte pas grand-chose. Il pousse, il répond, il délivre exactement ce qu’on lui demande, sans jamais vraiment déborder. Le son participe au plaisir, oui, mais il n’en est jamais le cœur. Et surtout, il ne transforme pas cette Golf R en voiture passion. Ici encore, la rigueur prime sur l’émotion.
Et pourtant, malgré ce côté très sérieux, la Golf R est une excellente routière. En conduite tranquille, elle se montre confortable, silencieuse et facile à vivre. Au quotidien, elle coche toutes les cases d’un vrai daily sportif. La consommation reste raisonnable au vu des performances, autour des 9L/100 km. L’espace à bord est bon, le coffre aussi. C’est une Golf avant tout, et ça se ressent (dans le bon sens du terme).
C’est justement là que le verdict devient intéressant. La Golf R est une excellente voiture. Objectivement brillante. Plus rapide, plus efficace et plus sage qu’une GTI Clubsport, sans la moindre discussion possible sur le papier. Mais subjectivement, elle laisse un petit manque. Celui du plaisir pur, du lien direct entre la voiture et le conducteur. Elle donne parfois l’impression d’avoir été trop bien pensée. À ce niveau de prix (74.335€), la question se pose forcément : cherche-t-on la performance absolue, ou le sourire derrière le volant ?
La Golf R s’adresse clairement à celles et ceux qui veulent une compacte capable d’accélérer très fort, de tout faire correctement et de rester confortable au quotidien. Pour ceux qui cherchent avant tout les sensations et le sourire au volant, la réponse se trouve peut-être ailleurs. Du côté d’une certaine GTI Clubsport, par exemple. Parce que parfois, le trop devient effectivement l’ennemi du bien.