L’Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio : che bella macchina !

L’Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio, est un SUV performant parmi tant d’autres. Un gros moteur, une transmission intégrale, un badge sportif, la recette est connue. Sauf que très vite, on comprend que quelque chose cloche. Parce que ce SUV là ne se comporte pas comme les autres. Il ne cherche pas à rassurer, ni à lisser son caractère. Il ne cherche qu’à faire une seule chose, donner du plaisir au volant !

Sur le papier, on est face à un SUV. Dans la réalité, c’est tout autre chose. Très vite, on oublie le gabarit, la hauteur, le format. Le Stelvio Quadrifoglio ne se conduit pas comme un SUV. Il se conduit comme une vraie sportive, avec un châssis d’une précision bluffante et une répartition des masses quasiment parfaite. Résultat : une précision et une agilité qui mettent une claque à bien des voitures plus basses, plus légères… et parfois plus prétentieuses. Plus on hausse le rythme, plus le Stelvio Quadrifoglio donne envie d’aller chercher ses limites, sans jamais donner l’impression d’être dépassé par les événements.

Sous le capot, le V6 2.9 litres biturbo de 520 chevaux n’est clairement pas un moteur comme les autres. Officiellement, Alfa Romeo n’a jamais communiqué sur un lien direct avec Ferrari. Officieusement, difficile de ne pas sentir l’influence. Le moteur est vivant, plein, expressif. Il répond instantanément, monte dans les tours avec une rage communicative et distille un caractère qu’on ne croise plus beaucoup aujourd’hui. Avec la ligne Akrapovič, le son prend une dimension supplémentaire. Pas démonstratif à outrance, mais suffisamment présent pour rappeler que ce moteur a été conçu à une époque où l’émotion comptait plus que les normes.

La boîte automatique ZF 8 rapports à convertisseur de couple mérite aussi son moment de gloire. Rapide, intelligente, toujours dans le bon rapport, elle comprend ce qu’on veut avant même qu’on ne le sache vraiment. Et avec les grandes palettes en aluminium, solidaires de la colonne de direction, chaque rétrogradage devient un petit moment de bonheur. Ces palettes, justement, font partie de ces détails qui transforment chaque trajet en expérience. Elles tombent parfaitement sous les doigts, offrent une vraie sensation de pilotage et rappellent que cette voiture a été pensée par des passionnés et non par un service marketing.

C’est en mode Race que le Stelvio Quadrifoglio révèle pleinement son tempérament. Dans cette configuration, la transmission intégrale envoie jusqu’à 80% de la puissance aux roues arrière, les aides se font discrètes, très discrètes. Et là, clairement, on change de dimension. Le train arrière devient mobile, joueur, presque provocateur. Ce n’est pas une voiture qui pardonne tout. Et c’est précisément là que le plaisir prend un tout autre sens. Elle laisse faire, elle laisse vivre. C’est une machine qui demande du respect, de l’engagement et un minimum de bagage derrière le volant. Mais quelle récompense ! Le plaisir est pur, brut, sans filtre. C’est grisant, parfois intimidant, mais toujours incroyablement jouissif. On se surprend à sourire bêtement derrière le volant. Et ça, ça ne trompe jamais !

Visuellement, le Stelvio Quadrifoglio assume pleinement son côté sportif. Le Verde Montreal, associé aux jantes noires et aux étriers de frein rouges, lui donne une allure à la fois élégante et terriblement sportive. Les lignes sont musclées, tendues, avec ce petit supplément d’âme typiquement italien qui fait qu’on se retourne encore pour le regarder après l’avoir garé. C’est beau, c’est italien, c’est Alfa Romeo.

À l’intérieur, il trahit forcément un peu son âge. Et pour une fois, c’est presque une bonne nouvelle. On sent que le Stelvio Quadrifoglio a été pensé il y a presque dix ans, à une époque où tout ne passait pas encore par un écran tactile géant. On a encore de vrais boutons, de vraies commandes physiques, une vraie commande de boîte. Les sièges baquets en carbone donnent le ton, ici, le confort n’est pas la priorité absolue. Le maintien est excellent, la position de conduite parfaite, mais clairement, ce n’est pas la voiture avec laquelle on envisagerait sereinement 1000 kilomètres d’autoroute pour aller à Monaco… sauf si un ostéopathe nous attend à l’arrivée. Les palettes, le volant, la position : tout est orienté vers le plaisir de conduire.

Évidemment, il y a un revers à cette médaille. La consommation tourne autour des 20L/100 km dès qu’on commence à profiter sérieusement de la voiture. Disons simplement qu’il vaut mieux être en bons termes avec son pompiste. Et avec ce genre de performances, il faut aussi accepter que pneus et freins fassent fondre le compte en banque plus vite que prévu. Mais franchement, une fois au volant, tout ça devient secondaire. Le plaisir ressenti est tel qu’on oublie très vite la prochaine facture d’entretien.

Ce qui rend ce Stelvio Quadrifoglio encore plus spécial, c’est ce qu’il représente. On le sent, on le sait, c’est la fin d’une ère. Celle des gros moteurs thermiques pleins de caractère, conçus pour procurer des sensations avant de répondre à des normes. Cette Alfa Romeo ne cherche pas à être rationnelle ou consensuelle. Une voiture faite par des passionnés, pour des passionnés et profondément attachante. Presque dix ans après son lancement, elle apparaît aujourd’hui comme une voiture hors du temps. Une proposition presque anachronique dans un monde automobile de plus en plus aseptisé. Une voiture qui n’a jamais vraiment cherché à se conformer, ni à s’adoucir.

Et puis il y a ce moment un peu particulier, celui où il faut rendre les clés. Celui qu’on repousse inconsciemment, en prolongeant un dernier détour, un dernier aller-retour inutile. L’Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio fait clairement partie des voitures qu’on a le plus aimées essayer. De celles qui laissent une trace après coup. Une sacrée trace même ! Pas parce qu’elles sont parfaites, mais parce qu’elles font ressentir quelque chose. Et ça, aujourd’hui, c’est devenu terriblement rare.

Che bella macchina, davvero ! (Quelle belle voiture, vraiment !)

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